La Peine est inévitable, la Souffrance optionnelle. Chapitre 1 : souffrance, dépression et inertie

« Pain is inevitable. Suffering is optional » – La Peine est inévitable, la souffrance optionnelle.

Chapitre 1 : souffrance, dépression et inertie

La peine est inévitable, mais la souffrance est optionnelle. Si ce proverbe du Bouddhisme Zen est vrai, encore faut-il que les personnes qui souffrent le reconnaissent et plus encore, souhaitent sortir de cette souffrance… C’est une démarche bien souvent très difficile, lourde, longue et qui semble parfois insurmontable à la personne en souffrance.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, souffrir n’est pas une évidence, surtout quand il s’agit de souffrance morale, psychique, psychologique. Savoir que l’on souffre, prendre conscience que l’on souffre demande du courage, parce que cela signifie qu’on reconnait qu’il va falloir changer ! Se remettre en question, regarder « objectivement » sa vie, sa situation, avoir la volonté de changer ce qui ne va pas, c’est extrêmement compliqué, particulièrement dans nos sociétés dites modernes, dans lesquelles justement, on a complètement oublié que rien n’est permanent et où on cultive l’attachement comme le summum du l’accomplissement.

Face à la souffrance, le déni est bien plus facile : l’inconnu fait toujours plus peur. Même si ce que l’on a ne nous convient pas, on le connait, on peut s’y rattacher. L’inconnu est source d’angoisses, qui paniquent et paralysent. On préfère bien souvent se contenter de sa situation, même si elle est misérable (misérable dans le sens où elle ne nous convient pas et nous rend, justement, misérable). Après tout, on nous rabâche sans cesse que la vie est dure, injuste.

On nous apprend à vivre dans l’angoisse du futur, on nous oblige constamment à nous projeter dans l’avenir. A tel point que, à force de dogmes et de règles, on grandit et vit dans la crainte, en oubliant complètement que notre seule certitude est le moment présent avec tout ce qu’il comprend. La peur est trop souvent ce qui motive nos décisions et notre vie. La peur de la maladie, la peur de ne pas bien faire, de peur de décevoir, la peur d’être rejeté, la peur de la mort et de l’inconnu, se retrouvent à l’origine d’un grand nombre de nos actions. Petit à petit, on apprend donc à vivre avec, on s’en arrange, et même, on se persuade que tout va bien. Alors ma foi, ma petite souffrance personnelle, en regard des « vraies » difficultés sociales, je peux bien la mettre de côté… du coup, on souffre en silence, par intermittence, on fait « comme si », mais c’est alors que l’entourage souffre.

Du point de vue du bouddhisme comme de l’Âyurveda, les pensées négatives sont considérées comme des maladies, qu’il faut soigner, au même titre qu’un rhume ou un cancer. Cette négativité est à l’origine de blocages qui, à force de se multiplier, empêche l’énergie vitale de circuler normalement dans le corps. Peu à peu, entre blocages physiologiques et « blocades » psychologiques, on entre dans la dépression. Les sources en sont multiples, et le plus souvent, elle est déclenchée par une blessure affective, qui libère des souffrances accumulées au fil du temps et restées cachées jusque là au plus profond de la personne.

L’Âyurveda désigne la dépression essentiellement comme un déséquilibre et une augmentation du dosha KAPHA. Cela se traduit par une inertie, une « lourdeur » générale, autant physique que morale. On ressent entre autre de la fatigue, une sensation de léthargie, qui se traduit par une inactivité de plus en plus nécessaire, le manque d’exercices et la paresse s’installent. Le moindre changement dans sa routine est perçu comme une montagne plus haute que l’Himalaya, une indifférence ou une forte irritation survient à la moindre frustration, on a du mal à prendre une décision, sans parler des conséquences plus ou moins apparentes sur la santé.

Du point de vue des chakras, la dépression est le signe qu’ils sont en déséquilibre, leur harmonie et leurs interactions sont perturbées. Lorsque le triangle inférieur (les trois chakras sous le chakra du coeur) est déstabilisé, il en résulte, entre autre, troubles de la digestion, problèmes circulatoires, sciatiques, égoïsme, manque d’assurance, colère, frustration, agressivité, jalousie, irritabilité, cauchemars, manque de respect de soi, difficulté à établir le contact… Quant au triangle formé par les chakras supérieurs, on retrouve les symptômes classiques comme timidité, peur de livrer ses opinions, manque de mémoire et de concentration, difficulté à décider…

Notre vie contemporaine, basée sur le consumérisme, le matérialisme et le capitalisme, crée des besoins qui, contrairement à ce que l’on nous laisse entendre, sont loin de nos besoins réels. C’est cet attachement, aux objets comme aux personnes, ajouté à l’illusion de durabilité, qui est à l’origine des plus grandes douleurs que nous ressentons. Les sociétés occidentales ne nous apprennent plus à explorer, à questionner, à prendre de responsabilité, encore moins à être nous-mêmes. Les règles et les conventions sont là pour suppléer à tout cela. Dès l’enfance, on nous éloigne de notre Soi véritable, de nos aspirations spirituelles, pour servir et non nous développer ou nous épanouir. Ceci nous oblige à ignorer nos besoins les plus importants et nos désirs en tant qu’êtres humains. La dépression vient à la suite de la séparation d’avec notre Soi authentique, d’avec nos aspirations les plus profondes. Il en découle souvent une profonde auto-dévalorisation, allié à un puissant sentiment de culpabilité.

La dépression est le résultat de cette aliénation, de cette séparation d’avec ce qui est authentique en nous. La douleur qu’elle engendre, comme toute autre douleur, est inévitable, certes, mais en aucune façon indéfectible. Sans même s’en rendre compte, bien souvent, nous entretenons la souffrance. Peu importe les raisons qui nous y poussent, culpabilité, incapacité à faire face, souffrance trop profonde, il faut absolument prendre conscience que la douleur n’est pas nécessairement durable. Comme toute autre émotion, elle est une énergie. A nous d’apprendre à l’utiliser.

Cet apprentissage est long, souvent décourageant, mais source de libération et d’épanouissement, et d’autant plus nécessaire que les blessures narcissiques peuvent avoir, pour soi-même et son entourage, des conséquences désastreuses… (voir Chapitre 2 : Blessures narcissiques et intrusion)

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