Manifestants turcs férus d’Internet se tournent vers les applications anti-censure

Depuis plusieurs années, le gouvernement turc censure une partie du contenu d’internet. Depuis le début des manifestations actuelles en Turquie, le gouvernement censure les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, en bloquant leur l’accès, considérant que ces réseaux sociaux sont des fauteurs de troubles et contribuent a propager de fausses idées.

Après avoir censuré avec succès la plupart des chaînes de télévision diffusées en Turquie, le gouvernement s’attaque à nouveau aux réseaux sociaux. L’escalade des protestations ont incité le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à diaboliser Twitter et les autres réseaux sociaux parce qu’il représente une «menace pour la société. »

Privés d’information, de plus en plus d’utilisateurs se tournent vers Twitter et Facebook pour obtenir les dernières nouvelles sur les manifestations, mais aussi pour communiquer avec leurs amis, et contribuer à informer, en enregistrant et diffusant des vidéos, des photos, des témoignages.

Mais le gouvernement est bien équipé dans ses efforts de censure, facilité par le fait que le trafic Internet voyage à travers un seul système de télécommunication (Turk Telecom).

Le journal Hurriyet Daily News révèle que le gouvernement turc a lancé hier (17 juin 12013) une étude visant à restreindre encore plus les accès aux médias sociaux, démarche inspirée par les protestations croissantes provenant de Gezi et qui se sont propagées à travers le pays.

Le ministère de la Justice a commencé à travailler sur un projet concernant les crimes sur Internet, au niveau local, mais également international. Les remarques du ministre de l’Intérieur Muammer Güler ont d’ailleurs confirmé que les sites Web de médias sociaux sont sur l’écran radar du gouvernement, comme les manifestants qui participent à secouer le pays depuis près de 20 jours en utilisant les médias sociaux comme un outil de propagande et l’organisation des manifestations.

Plusieurs personnes ont été détenues à Izmir en raison de leurs tweets prétendument provocateurs pendant les manifestations et la rechercher des expéditeurs se poursuit : «Nous faisons une étude sur ceux qui provoquent et manipulent le public avec de fausses nouvelles et les conduisent à des actions qui pourraient menacer la sécurité des personnes et des biens en utilisant Twitter, Facebook ou tout autre média social», a déclaré Muammer Güler.

Les internautes turcs, qui s’attendaient à une augmentation de la censure et des efforts de surveillance par le gouvernement, ont commencé à s’armer d’outils pour les déjouer.

Anchorfree, les responsables de la Hotspot Shield application mobile, qui permet aux utilisateurs d’utiliser un réseau privé virtuel permettant de se connecter à des sites censurés par le gouvernement local, a déclaré que plus de 120.000 utilisateurs de la Turquie ont téléchargé l’application ce week-end.

Le 2 Juin, le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan avait déjà pris une position audacieuse contre Twitter, traitant le site de micro-blogging de «fauteur de troubles». « Les citoyens ne peuvent pas être autorisés à mener une «chasse aux sorcières» sur Twitter », aurait déclaré le président Abdullah Gül, le Juin 7, selon l’Association du Barreau turc. « Dans ce processus, tout le monde doit agir de façon responsable et avec retenue ».

Un département d’Etat travaillant contre la cybercriminalité a déjà commencé à enquêter sur les quelque 5 millions de tweets concernant les protestations du parc Gezi.

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